Quand la CGT de Sophie Binet choisit la trahison

L’accélération de l’Histoire et les difficultés que rencontre l’impérialisme occidental mettent en difficulté la direction de la CGT, qui de déclarations en communiqués en passant par des rapports et autres articles dans sa presse, s’aligne scrupuleusement, jusqu’à la caricature, sur la stratégie belliciste d’Emmanuel Macron et d’Ursula von der Leyen. Ayant capté pour le dévoyer l’héritage ouvrier de la grande CGT, Sophie Binet et sa bande ont résolument abandonné ce qui était la raison d’être de cette centrale depuis le congrès d’Amiens de 1906 : la défense des intérêts des travailleurs français et l’affirmation de positions internationalistes intransigeantes. Pour se mettre sans honte au service de la globalisation néolibérale dont Macron est le fourier pour notre pays.

En bon français, cela s’appelle de la trahison.

Mon ami Jean-Pierre Page, ancien dirigeant de la CGT et ancien responsable de son département international dresse ici le réquisitoire qu’elle mérite.

Régis de Castelnau

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Ce contexte inimaginable il y a encore quelques mois, est un révélateur éloquent des contradictions du système hégémonique, de ses échecs, de l’état des résistances à celui-ci et des nouveaux rapports des forces. Entre guerre et paix, cette évolution inédite permet d’apprécier les positions réelles des différentes organisations sociales, syndicales et politiques en France, en Europe comme internationalement. Période de décantation ou tout le monde est au pied du mur et en devoir de choisir ou il se situe. C’est le cas de la CGT.

« La guerre est semblable au feu, si elle se prolonge elle met en péril ceux qui l’ont provoquée ». Sun Tzu

Nous sommes dans une de ces périodes de l’histoire ou tout s’accélère et où il faut être capable d’anticiper pour s’élever à la hauteur de ce que la situation exige. La guerre par procuration en Ukraine a contribué à bouleverser l’ordre des choses. La tragédie à Gaza a mis en évidence la politique de deux poids deux mesures et le double langage des occidentaux. Malgré une répression brutale, la cause palestinienne a entrainé une solidarité mondiale sans aucun précédent. Israël est dorénavant un état paria, isolé, condamné et à l’avenir incertain.

Que reste-t-il du nouvel ordre mondial promis et voulu par Washington ? L’importance des changements politiques qui sont intervenus aux Etats-Unis reflète l’étendue de la crise de domination impérialiste et la décomposition d’un système anachronique. La guerre ouverte entre deux visions du comment sauver le capitalisme en est l’image éloquente.

Une clarification nécessaire.

Cette évolution inattendue par son ampleur était paradoxalement prévisible tant les contradictions se sont aiguisées. Le déclassement des vassaux européens malgré leur agitation en est également l’illustration, le statut de la France s’est effacé ! Des forces montantes s’imposent quand d’autres déclinent et sont comme désemparées. Nous n’en sommes qu’au tout début. Nous assistons en fait, à une clarification et à l’émergence d’une nouvelle architecture mondiale. Il reste à construire de véritables alternatives, c’est dire l’ampleur de la tâche. En Chine, le mot crise est décrit par deux idéogrammes signifiant conjointement « danger » et « opportunité » soulignant qu’en période imprévisible, mauvaises nouvelles ou situations désagréables sont autant d’opportunités pour reconsidérer l’avenir autrement.

Ce contexte inimaginable il y a encore quelques mois, est un révélateur éloquent des contradictions du système hégémonique, de ses échecs, de l’état des résistances à celui-ci et des nouveaux rapports des forces. Entre guerre et paix, cette évolution inédite permet d’apprécier les positions réelles des différentes organisations sociales, syndicales et politiques en France, en Europe comme internationalement. Période de décantation ou tout le monde est au pied du mur et en devoir de choisir ou il se situe. C’est le cas de la CGT.

Ainsi récemment, on a pu lire de la part de cette Confédération, une affirmation sans réplique : « Face à l’internationale d’extrême droite, l’urgence est de renforcer nos démocraties pour défendre une paix juste et durable. » (1) . Ce jugement péremptoire dans la forme et le fond ressemble à s’y méprendre à un copié/collé d’un commentaire d’Emmanuel Macron le nouveau capitaine Matamore de l’Union Européenne. Pourtant non, il s’agit d’un communiqué de la Confédération Générale du Travail (CGT). La CGT qui aura 130 ans cette année et qui aura traversé notre histoire avec honneur, en résistant à deux guerres mondiales, en contribuant aux brigades internationales, aux luttes anticoloniales, aux combats patriotiques antifascistes, aux mouvements pour la paix, à un progrès social de référence et surtout à une conception de la démocratie qui repose sur la souveraineté populaire et sur la démocratie ouvrière. C’est-à-dire autre chose que cette démocratie foulée aux pieds par le capitalisme au point de la réduire à une caricature. C’est pourtant à celle-ci que la CGT semble s’être ralliée.

Le communiqué poursuit : la CGT entend contribuer à « ce que la France et l’Europe tirent les conséquences dans le but de construire une stratégie commune au plan européen au service d’une diplomatie et d’une défense ! » (2). En d’autres termes, elle appelle à « l’union sacrée » au service d’une politique étrangère, d’une armée et d’une défense européenne qui tourne le dos à ce que sont les fondements de toute souveraineté nationale indépendante. C’est-à-dire à ce qu’est le combat de toujours de la CGT. En d’autres termes, la CGT de S. Binet se prononce en faveur d’une Europe fédérale. Si le combat anti-impérialiste demeure une priorité pour la CGT que devient son action contre les prétentions impérialistes d’Emmanuel Macron et les intérêts dont il est le fondé de pouvoir et cela d’autant que nous assistons à un effondrement social que la hausse du budget militaire devra ignorer. Plus de 300 000 emplois supprimés, des services publics en lambeaux et dont le démantèlement se poursuit, une protection sociale qu’il faut sacrifier plus encore, des libertés piétinées qu’accompagnent une fascisation évidente. Toutes les raisons légitimant un vaste mouvement social existent mais ce qui est à l’ordre du jour selon les syndicats serait l’avenir du dialogue social ! On croit rêver !

On dit parfois que « l’histoire se répète, la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce » (3) En fait, S. Binet n’est-elle pas en train de mettre ses pas dans ceux d’un de ses prédécesseurs, le très réformiste Léon Jouhaux ? (4) Ce dirigeant historique de la CGT, qui à la veille de la première guerre mondiale en 1914 appela au soutien à Raymond Poincaré, à la hausse des crédits militaires, au chauvinisme et à la guerre. Jouhaux fit le choix de se rallier à « l’union sacrée » et donc à l’alliance du capital et du travail !

Avec de telles positions, on peut dire dorénavant et sans peur d’être contredit, que nous sommes loin du « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » d’Anatole France (5) et du « Guerre à la guerre » d’Henri Barbusse (6.) Ou encore, rappelons-nous, « ni Pershing, ni SS20 », ce fameux Appel de Georges Séguy, secrétaire général de la CGT, héros de la résistance, pacifiste et de 100 personnalités françaises de toutes opinions. (7)

L’union sacrée et la CGT

En d’autres termes, en adhérant à la vision belliqueuse d’Emmanuel Macron, du britannique Keir Starmer, d’Ursula Von der Leyen, du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz qui viennent quasiment de déclarer la guerre à la Russie, la direction de la CGT n’est pas sans implicitement approuver leurs propos irresponsables. La question mérite d’être posée d’autant que cela est confirmé par un document du département international de la CGT qui lui affirme « Le retour à la paix passe par la chute de Poutine. Sa victoire serait catastrophique. Si elle se trouve avalisée par un accord de paix avec une partition de l’Ukraine, l’agresseur se trouverait alors conforté dans sa politique impérialiste et belliciste. La prochaine étape pourrait être définitivement une guerre mondiale si ses appétits se portaient sur « la défense des minorités russes » dans les pays baltes. Et que dire de l’exemple donné à d’autres puissances majeures et notamment à la Chine dont on connaît les prétentions sur Taïwan ? »(8).

On a de la peine à le croire, on se frotte les yeux mais on a bien lu ce n’est pas du Bruno Rochebin sur LCI, c’est la CGT et c’est un renoncement à son rôle de force de paix en faisant le choix de la conflictualité. Car qui menace qui ?

Les forces rassemblées de l’OTAN face à la Russie sont massivement en défaveur de celle-ci si l’on considère quelques chiffres des moyens en présence. L’OTAN dont les Etats-Unis s’appuie sur une population d’environ 900 millions dont 3,3 millions de soldats, la Russie 144 millions dont un peu plus d’1 million de soldats. Le PIB de l’OTAN, est environ de 40 mille milliards de dollars, et est 20 fois plus grand que celui de la Russie. Ce sont les banques américaines et européennes qui volent les recettes à l’exportation de la Russie, et non l’inverse. Par conséquent, oser affirmer que la Russie menace l’Europe d’une invasion n’est tout simplement pas sérieux et même franchement inepte ! D’ailleurs quel intérêt y aurait-elle ? Agrandir son territoire, mais le sien est le plus vaste du monde. Comme le souligne le sociologue Emmanuel Todd, (9) la doctrine militaire russe a par ailleurs radicalement changé et est purement défensive parce que justement, elle tient compte de la disproportion du rapport des forces et des moyens militaires en présence qui sont en l’avantage des forces de l’OTAN. Faut-il ajouter que nous avons vécu jusqu’à la disparition de la République Démocratique Allemande (RDA) en 1989 avec la présence de l’Armée Soviétique quasiment à nos portes sans que cela provoque la panique générale à laquelle nous assistons.

Ce constat est difficilement contestable même si sur le terrain la Russie occupe 20% environ du Dombass précédemment tenu par l’Ukraine. Région majoritairement russophone, soumise à une guerre atroce depuis 2014 et qui avant l’intervention russe aura entraîné 14 000 morts et 45 000 blessés. Sous sa tutelle militaire et financière occidentale, l’Ukraine est non seulement un pays corrompu mais est devenu un pays de non droits avec l’interdiction de nombreuses organisations politiques et syndicales, une répression atroce, les enlèvements, la torture comme celle des frères Kononowych membres du PC Ukrainien. Comment peut-on l’ignorer ? La consanguinité entre le pouvoir de V. Zelinski et les groupes néo nazis qui ont pignon sur rue, est une réalité accablante pour le régime de Kiev. Ce sont les nostalgiques d’Adolphe Hitler pour lesquels V. Zelinski fait élever des monuments dans tout le pays du SS ukrainien Stepan Bandera, ce criminel de guerre, fasciste, massacreur de juifs, de polonais et de prisonniers soviétiques pendant la seconde guerre mondiale. Doit-on fermer les yeux ? Oui, répondent en cœur Von der Leyen, E. Macron et Keir Starmer.

Au nom de quoi il faut se préparer à la guerre d’autant que l’exclusion de l’union européenne des premières négociations engagés en Arabie Saoudite et de premiers résultats entre Russes, Américains et Ukrainiens justifierait que l’on masse sur la ligne de front et sans attendre quelques milliers de soldats pour sauver l’honneur de la bannière au bleue marial. Pour Macron nous serons le dernier carré ou rien du tout.

Hostilité à l’égard de la Chine.

Cet aveuglement de la direction de la CGT et de son département international à l’égard de la Russie de V. Poutine se retrouve également dans cette hostilité maladive à l’égard de la Chine, mettant en cause ainsi la longue histoire des relations entre la CGT et la Fédération des syndicats de Chine (10). Ce n’est pas nouveau, on se souvient du rôle particulièrement négatif de la CGT dans cette tentative de révolution de couleur à Hong Kong avec le mouvement dit des parapluies financés par le NED et US Aid. (11)

Non contente de vouloir en finir avec V. Poutine, la CGT va jusqu’à mettre en cause le fait que Taiwan est une province chinoise. A l’exception de quelques fieffés nostalgiques d’un ordre ancien, Taïwan est partie intégrante de la République Populaire de Chine et ce fait avéré est reconnu par les Nations Unies, la quasi-totalité des états du monde y compris les Etats-Unis.(12) Plus semble-t-il par la CGT, pourquoi et depuis quand ?

Il est vrai que S. Binet fait sienne les fables antichinoises sur la persécution des Ouighours au Xinjiang pourtant démenties par de nombreuses délégations et observateurs officiels y compris en 2022 par Michèle Bachelet l’ancienne Haute Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies. Conseillons de lire le récent ouvrage de Maxime Vivas « Ouighours l’horreur était dans nos médias » (13) ou l’auteur apporte un éclairage convaincant sur la tolérance religieuse et sur le dynamisme spectaculaire de cette province chinoise point de départ des « nouvelles routes de la soie ». (14)

Par conséquent, si dans la perspective de son futur 54e congrès de 2026, les syndicats de la CGT devaient confirmer cette orientation partisane de la direction confédérale, ce serait alors une inversion des valeurs et des principes d’indépendance sur lesquelles la CGT a construit son identité de syndicat de classe, son engagement internationaliste et sa singularité dans le paysage syndical européen et mondial. La CGTU, (15) héritière de la Commune de Paris n’est-elle pas née en réaction à l’hécatombe meurtrière et barbare de la première guerre mondiale, à la solidarité de classe entre les travailleurs, à l’exigence de paix universelle. Cela serait un renoncement qui conduirait la CGT à passer d’un alignement à un ralliement à la pensée dominante. Or, comme l’on sait, « à toute époque les idées de la classe dominante sont les idées dominantes. » (16)

Selon S. Binet, ce qui justifie cette mutation radicale des positions de la CGT est son inquiétude face à ce qu’elle appelle l’existence « d’une internationale d’extrême droite » (17). Au-delà de la rhétorique, on découvre en fait qu’il s’agit d’une adhésion de sa part au narratif imposé unilatéralement par l’oligarchie, reprise en cœur par les politiciens de droite comme de « gauche » et en boucle par la cohorte des journalistes/militants aux ordres, les petits mercenaires sans talent qui peuplent les salles de rédactions, les experts de circonstance qui distillent leur fiel au service des puissants et de l’air du temps.

Une stratégie syndicale face à Trump ?

Cette étonnante déclaration de la CGT qui précède reprend pour l’essentiel, un rapport sur « la stratégie syndicale face à Trump » (sic) dont l’autrice est S.Binet elle-même (18). Depuis quand la CGT élabore-t-elle une stratégie face au programme politique et à la personnalité d’un chef d’état ? On n’en connaît pas à l’égard d’E.Macron ! Dorénavant les militants de la CGT sont donc appelés à contribuer à la mobilisation contre ce qui serait une nouvelle incarnation du mal ou cet axe du mal de triste mémoire, représenté cette fois non seulement par Donald Trump mais aussi par Vladimir Poutine, et Xi Jinping. Cette vision cauchemardesque est probablement la conséquence d’une lecture abusive de Fantomas, du Dr.No, et du non moins effrayant Dr. Fu Manchu. (19)

Mais S. Binet ne s’en tient pas que là, puisqu’elle fait le choix de prendre parti pour un des deux belligérants de la guerre en Ukraine, c’est-à-dire ouvertement pour le gouvernement ukrainien soutenu par l’OTAN, les Etats-Unis, Von der Leyen, Macron et de nombreux dirigeants de l’Union Européenne. Elle le fait sans aucune nuance et il est somme toute logique qu’en telle compagnie, elle proclame également « l’OTAN est morte ». On lui fera à remarquer que si l’Otan est morte nul n’est besoin d’exiger d’en sortir et d’y mettre fin comme le revendique pourtant encore la CGT. Son affirmation renvoie étrangement et en convergence à la fameuse phrase d’E. Macron sur « L’OTAN est en état de mort cérébrale » (20). Ainsi, et comme la nature à horreur du vide, le buzz de S. Binet cache bien mal le soutien qu’elle apporte, sauf démenti de sa part, à l’orientation prise par la Commission de Bruxelles de se projeter dorénavant en faveur d’une armée et d’une défense européenne comme l’exige justement E. Macron.

Ursula Von der Leyen ne vient-elle pas d’ailleurs de mobiliser 800 milliards d’euros pour réarmer l’Europe. « L’Europe est trop faible, l’Europe est désarmée », « Nous ne pouvons plus compter sur les américains. Nous devons aller de l’avant, penser à nos propres intérêts nationaux, à notre propre sécurité et la période de transition est difficile » (21) affirme-t-elle. Comment ne pas alors en tirer des conséquences pragmatiques dans la relation avec la Chine. Or, ce n’est pas le cas, ce qui prévaut est un aveuglement destructeur alors qu’il faut voir plus loin. Il est vrai que pour la forcenée russophobe Kaja Kallas la nouvelle commissaire européenne aux relations internationales « Si nous ne pouvons vaincre la Russie, comment pourrions-nous vaincre la Chine ». (22)

On comprend mieux pourquoi celle-ci est dorénavant mise à l’index par de nombreuses chancelleries européennes qui elles envisagent l’avenir autrement et se prononcent pour une relation Chine-UE plus rationnelle et plus apaisée. Seule celle-ci contribuerait non seulement à stabiliser l’économie européenne mais aussi à renforcer l’indépendance de l’Europe et sa crédibilité dans les affaires mondiales. Face à ce paysage international en mutation rapide la CGT comme organisation syndicale devrait soutenir une approche constructive dans la relation avec la Chine permettant de cette manière de bénéficier de la croissance chinoise pour soutenir l’emploi, la modernisation et l’industrialisation. Elle n’en a ni la vision, ni la volonté politique. C’est bien là tout le problème. Alors, pourquoi ?

Que signifient les positionnements de S. Binet ?

Certains verront dans les positionnements de la secrétaire générale de la CGT, la poursuite d’une dérive. Celle-ci n’est pas nouvelle, elle correspond à cette mutation opérée à la fin des années 1990 et mise en œuvre de manière chaotique par B. Thibault. Comme l’a illustré le 53e congrès de la CGT de 2023, le bilan est accablant et les conséquences négatives sont multiples à commencer par l’abandon des repères de classes, la perte de son unité et de sa cohésion. Plus récemment la dimension politicienne de cette orientation s’est manifestée dans le prolongement des positions partisanes qui s’étaient exprimées de la part de la CGT à l’occasion de la nomination d’un premier ministre de « gauche » après la déconfiture d’E. Macron aux élections législatives de 2024, puis de la censure du gouvernement Barnier enfin lors de la mise en place du gouvernement de F.Bayrou. Cette dernière péripétie marquée par la tragi-comédie du « conclave » à laquelle l’intersyndicale dont la CGT aura apporté un concours aussi actif que pitoyable.

D’autres constaterons, insuffisances, ignorances et raisonnements simplistes reflet de cette pensée syndicale européenne sclérosée, incarnée et orientée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) à travers son extrême dépendance politique et financière aux institutions européennes à laquelle la CGT a fait le choix de se convertir. C’est également une tendance chez S. Binet qui est trop souvent à la recherche de formules toutes faites, aux idées dans l’air du temps, aux approximations pour faire le buzz et même à l’usage de contrevérités qui décrédibilise les propos de leur auteur, comme par exemple de voir la main de Moscou dans « les tags antisémites en France ». (23)

Mais, en fait, ce qui caractérise cette orientation nouvelle de la CGT est surtout, une confusion entre ce que sont les causes et les conséquences de cette situation internationale inédite, caractérisée par un Occident en déclin et en mode panique devant l’ampleur de son propre désastre et qui doit faire face au niveau de la planète à l’émergence de forces porteuses d’un nouveau mouvement émancipateur. Dans ces conditions, c’est de la part de la direction de la CGT et en particulier de son département international, une incapacité à produire une analyse cohérente de la crise systémique du système de domination impérialiste et à proposer des objectifs mobilisateurs, une stratégie syndicale internationale digne de ce nom, c’est-à-dire permettant de peser prioritairement sur les choix et les décisions du pouvoir en France et non de les accompagner.

Comme on pourrait le penser, cette vision de la CGT voulue par S.Binet n’est pas seulement d’une grande superficialité, elle est surtout une rupture délibérée avec ce qui doit demeurer la CGT. C’est-à-dire une défense intransigeante des besoins sociaux des travailleurs et une articulation avec la lutte de toujours pour une transformation radicale de la société à travers la réappropriation par les exploités des richesses qu’ils produisent et qui doivent leur revenir sans partage. Car en suivant la logique de S.Binet, si les adversaires principaux des travailleurs dorénavant désignés nommément sont D.Trump, V.Poutine et Xi Jinping, plus question d’en finir avec le capitalisme prédateur, l’impérialisme cause des guerres ou l’OTAN, encore moins l’Union européenne, Macron et ses acolytes qui en sont les planches de salut.

Par conséquent, quel est le but de cette supercherie qui vise à brouiller les pistes. Trump et Poutine ne sont certainement pas des militants anti-impérialistes, nul besoin est de prendre leur parti, ils sont acquis au libéralisme, mais ils sont aussi lucides sur les contradictions de leurs sociétés et sur l’ampleur de cette crise sans précédents qui bouleverse l’ordre du monde. Comment l’ignorer ? De là à les voir comme ayant un plan concerté et secret d’instrumentalisation de la guerre en Ukraine pour nous imposer le fascisme, il ne faut pas prendre ses fantasmes pour des réalités. En fait, la russophobie délirante à laquelle nous assistons n’est souvent rien d’autre qu’un anticommunisme refoulé qui voudrait nous faire croire que les « moujiks » sont aux portes de Paris. Restons sérieux, n’allons pas chercher le fascisme sur les bords de la Volga quand nous avons la fascisation depuis un certain temps sur les bords de la Seine au travers des choix et des actes politiques de Macron, ce commis d’office fébrile et agité du capitalisme financier.

En fait, S. Binet perd de vue les causes véritables de la montée de l’extrême droite parce que son analyse de la crise capitaliste est défaillante pour ne pas dire qu’elle est inexistante. Pour étouffer les résistances, l’élite dirigeante en France a comme dans la plupart des pays européens recours dans leurs discours, leurs prétentions arrogantes comme dans leurs actes aux extrémistes de droite comme aux néofascistes. C’est la bourgeoisie et nul autre qui créée délibérément ce climat politique obscurantiste et rétrograde dans lequel les germes de l’extrême droite et du fascisme peuvent se développer. D’autant que dans les faits leurs programmes comme leurs applications sont identiques. D’ailleurs, c’est ensemble, qu’ils le mettent en pratique et qu’ils collaborent étroitement. Les exemples ne manquent pas.

Qu’en est-il ?

Cela n’est nulle part plus évident que dans la répression brutale des mouvements sociaux comme ce fut le cas des gilets jaunes et d’un grand nombre de militants de la CGT licenciés et condamnés à de lourdes peines de prison. C’est aussi le cas du rejet et de la destruction de toute politique de progrès social, la violation des conquis sociaux ou encore l’instrumentalisation de l’insécurité, le dévoiement de la justice, la persécution des réfugiés ou des manifestations contre le génocide à Gaza.

On le vérifie aussi à travers cette atmosphère de russophobie hystérique à laquelle S. Binet s’est ralliée et qui est utilisée pour manipuler l’information et museler la liberté d’expression. Cette évolution politique inquiétante et délirante peut d’ailleurs se confirmer dans les votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen. C’est par exemple, la violence des mesures gouvernementales contre l’immigration qui a fait déclarer à Marine Le Pen que le gouvernement avait trouvé son inspiration dans le programme du Rassemblement National. Elle voyait là une victoire idéologique. François Bayrou aux côtés de Bruno Retailleau son ministre de l’Intérieur mettent en cause le regroupement familial, entend pénaliser l’aide au développement aux Etats dont sont issus les travailleurs sans papiers, ils veulent mettre en place un dispositif autoritaire sur la suppression des allocations sociales, les politiques néocoloniales à l’égard des peuples des départements et territoires d’outre-mer et ils se livrent à de multiples provocations à l’égard de l’Algérie (24). A cela on pourrait ajouter le fonctionnement antidémocratique et autoritaire au niveau européen à travers le rejet méprisant du vote des électeurs, l’annulation de consultations électorales parce que l’on refuse de voir élu les candidats qui ne conviennent pas à Bruxelles et même maintenant cette proposition de retirer le droit de vote au premier ministre hongrois au nom du fait qu’il n’est pas solidaire de l’Ukraine. Mais, ce n’est pas tout, il en va de même avec cette réécriture de l’histoire contemporaine autour des causes de la seconde guerre mondiale et des monuments érigés à la gloire de dirigeants nazis pendant que l’on détruit ceux élevés en hommage aux sacrifices de l’URSS et de son Armée rouge. (25)

C’est pour cela que E. Macron entend créer les conditions nécessaires à la mise en place d’un État policier et d’une justice aux ordres dirigée contre l’ensemble de la classe ouvrière et le peuple qu’il entend museler et décerveler. Qu’en disent S. Binet et la direction de la CGT ? En fait, la responsabilité de la montée de l’extrême droite dans les élections en France et en Europe est bien le résultat des politiques mises en œuvre par les principaux dirigeants européens dans leurs pays respectifs, et ce quel que soit leur appartenance partisane et les complicités dont ils bénéficient. Voir dans cette situation, la main de Moscou, de Beijing et y compris maintenant celle de Washington, ou les interventions d’Elon Musk ou du vice-président US J. D Vance est parfaitement grotesque.

Dans ces conditions, la responsabilité de la montée de l’extrême droite incombe entièrement aux forces politiques et économiques qui déterminent actuellement la politique en France comme c’est le cas au niveau européen. La lutte contre l’extrême droite n’est pas une question d’arithmétique électorale, mais de dynamique des luttes de classes. ! Les premiers combats contre l’occupation hitlérienne de la France et la collaboration de Vichy se firent dans les régions minières à travers des manifestations ouvrières qui revendiquaient du savon et du pain.

La meilleure manière d’agir contre la fascisation de la société, contre l’extrême droite véhiculée par le partenariat d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et du patronat s’est de lutter pour les revendications et pour une rupture véritable avec le capitalisme et son idéologie mortifère. Sur ce plan, les confédérations syndicales sont aux abonnés absents. Car qu’en est-il de la stratégie de la CGT pour « bloquer l’économie », pour construire une stratégie de luttes syndicales et des rapports des forces contre les causes de cette évolution dangereuse de la société française ? La France a connu un formidable mouvement social contre la réforme de notre système de retraites, quel prolongement lui a-t-on donné ? L’image d’impuissance que donne l’intersyndicale ne se vérifie-t-elle pas avec la décision de F. Bayrou et d’E. Macron de confirmer que le « conclave » sur les retraites n’était en fait qu’un marché de dupes. La future guerre en Europe et l’aide militaire et financière pour l’Ukraine à l’égard de laquelle les travailleurs sont dorénavant appelés à se sacrifier en se serrant la ceinture, justifiant que l’on renonce dorénavant à toutes politique sociale. (26)

Que diront alors ceux qui parlent de la menace fasciste mais qui en fait sont les idiots utiles d’un système capitaliste qui, dans l’histoire et depuis, a montré qu’il était capable de recourir aux politiques les plus extrémistes y compris la guerre pour maintenir l’exercice d’un pouvoir totalitaire. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans un climat cacophonique à travers la fébrilité va-t-en-guerre des dirigeants européens et de leurs alliés de circonstances politiques ou syndicaux, de droite comme de « gauche ».

Ainsi en va-t-il des sacrifices qu’il va falloir faire. « L’économie de guerre rend dérisoire le débat sur les retraites » . (27) C’est l’opinion de Gilbert Cette, ce proche de Macron, président du conseil d’orientation sur les retraites. Tout en s’insurgeant contre ce discours réactionnaire aucune des organisations syndicales n’a mis en cause l’usage et l’ampleur des dépenses militaires, pire certains s’en sont félicités au nom de la défense de notre industrie européenne. Pour Denis Gravouil de la CGT, il faut mettre à contribution “les plus riches à l’effort de guerre “et sauver ainsi la concertation instituée par F. Bayrou (28). Quant à la CGC” “investir dans l’industrie de défense va faire tourner notre économie française et européenne et améliorera les ressources financières de la protection sociale” (29). Le surarmement comme solution au déficit de progrès social, on aura tout vu et tout entendu.

Quant à S. Binet, elle veut convaincre Macron et les dirigeants européennes de défendre « l’industrie européenne » en multipliant les barrières douanières face aux Etats-Unis et à la Chine, donc en faisant le choix du protectionnisme non pas national mais européen et de la confrontation plutôt que celui de la coopération. Selon elle, « cela commence par défendre notre industrie européenne. Ce n’est pas possible d’augmenter les crédits militaires pour aller financer l’industrie américaine. » (30) Si l’on va jusqu’au bout de cette démarche, autant dire que l’on soutient le réarmement sous bannière européenne, et cela peu importe les réalités sociales concrètes qu’imposent la construction européenne. C’est fermer les yeux sur la concurrence libre et non faussée dans les différents pays de l’Union Européenne et donc admettre la compétition entre producteurs en tirant vers le bas les droits sociaux. Dans ces conditions, pourquoi pas demain comme le propose le Danemark la retraite à 70 ans et en France plus de dépistage après 65 ans dans le domaine de la santé. Le patronat n’en demande pas tant.

Enfin, doit-on renoncer à l’engagement pacifiste de la CGT, à ses combats pour la reconversion des industries d’armements alors que cet objectif fait partie de son patrimoine revendicatif porté par plusieurs générations et par des fédérations d’industries et syndicats d’entreprises à travers leurs combats pour la paix. Cela serait pourtant possible tant les besoins sont grands, de réfléchir à des programmes d’équipements civils, à des coopérations dans les domaines de la santé de l’éducation, de l’environnement, etc. (31) La France a besoin d’une politique industrielle au service de la paix, de la solidarité, de la coopération et du droit au développement et non au service de la guerre, de la libéralisation et de la mise en concurrence des travailleurs.

Réarmer l’Europe

Enfin, à ce soutien objectif aux dépenses militaires échevelées d’E. Macron au détriment des revendications sociales et de services publics déjà de plus en plus dévastés, faudra-t-il fermer les yeux comme le fait la CGT sur la fonction de la dette qui légitime les politiques austéritaires et sont les moyens dont use et abuse les économies occidentales pour enrichir plus encore cette sangsue qu’est devenu le système financier mondial ? L’austérité est donc bien cet ordre du capital qui ouvre la voie au fascisme. (32) La CGT ne voit-elle pas combien cette fascisation cherche à détourner l’attention des peuples et des travailleurs des problèmes réels et de la défense véritable de leurs droits ?

En réalité, la politique d’Emmanuel Macron tout comme celle de Bruxelles ou des forces d’extrême droite sont des choix mis au service du capital financier mondialisé dont la fonction est de poursuivre le pillage du travail et des ressources naturelles sous toutes ses formes en Europe comme dans les pays en développement. Ainsi, par exemple on fait grand cas des prétentions américaines à récupérer tout ou partie des minerais ukrainiens, ou encore du contrôle des centrales nucléaires de ce pays alors qu’il y a déjà longtemps que les ressources agricoles ont été mises en coupe réglée par V. Zelinski et cédées à la plus grande société multinationale financière des Etats-Unis, Blackrock avec les encouragements des prédécesseurs de D. Trump, c’est-à-dire de Joe « sleepy » Biden (33). Qu’en a dit la CGT ? Par ailleurs, les grandes banques d’affaires US, J.P Morgan, Chase mais aussi Mc Kinsey conseillent le gouvernement de Kiev. Leurs motivations sont tout sauf philanthropiques. (34)

C’est dans ces circonstances que la très corrompue Ursula Von der Leyen a annoncé son plan pour “réarmer l’Europe” et fournir une aide militaire conséquente à l’Ukraine. (35) Ces fonds doivent servir en priorité à investir dans les domaines ou les besoins sont les plus urgents comme la défense antiaérienne, les missiles, les drones et les systèmes anti drones ou encore l’artillerie. Pour y contribuer le choix est fait de dévoyer le rôle de la Banque Européenne d’investissement, les fonds de cohésion prévus pour les états les plus défavorisés en mettant un terme aux règles budgétaires strictes qui prévoient de ne pas dépasser les 3% de déficit.

Or selon le SIPRI : le réarmement de l’Europe est déjà le principal moteur du commerce mondial des armes (36). Selon un rapport de l’institut de recherche de Stockholm, la part de l’Europe dans les importations d’armement est passée de 11% à 28% pour la période de 2020 à 2024. (37) Quant aux exportations d’armements la part des occidentaux représente 73% dont 30% rien que pour l’Europe. Après l’annonce du programme « RearArm Europe » les actions du secteur militaro-industriel ont grimpé en flèche. Le nombre d’employés dans cette industrie a augmenté également de manière continue. Déjà, en 2023 il était d’environ 581 000 personnes dans l’ensemble de l’UE soit environ 15% de plus qu’n 2021. (38)

Or, ni la Confédération Européenne des syndicats (CES), ni bien sûr aucun de ses affiliés n’ont dénoncé de telles orientations en faveur de la guerre et le prix qui sera à payer par les travailleurs en Europe et ailleurs par de nouvelles restrictions sociales justifiées par la perspective d’une guerre annoncée avec la Russie et demain avec la Chine. Sans doute, faut-il rappeler qu’Ursula Von der Leyen, aux côtés du Chancelier allemand Olaf Scholz avaient reçu une standing ovation et un soutien inconditionnel de la part de tous les délégués du 15e Congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) en 2023 à Berlin, y compris de la part de la délégation de la CGT conduite par S. Binet.

Von der Leyen veut l’Europe en armes face à Poutine, Trump et Xi Jinping. Avec Macron elle rêve de guerres au service de l’oligarchie et du complexe militaro industriel, au mépris des centaines de milliers de victimes en Ukraine et en Russie et aux destructions considérables d’une guerre qu’il faut avant tout finir. Se taire à ce sujet, c’est encourager à ce que l’on se batte et que l’on meure “jusqu’au dernier ukrainien” comme l’avait qualifié cet ancien ambassadeur US Charles Freeman (39). Comme si enterrer les morts était une victoire morale ! Pour la CGT céder à une telle approche reviendrait à discourir et à se positionner en faveur d’un camp géopolitique du bien contre un camp géopolitique du mal. Pourtant, n’est-ce pas Philippe Martinez qui disait refuser « un syndicalisme de posture, enferré dans une vision du monde binaire ? ». (40)

En fait, au détriment de son identité, de son indépendance et de son histoire, la direction de la CGT n’en finit pas d’exorciser son passé. A travers, ses déclarations et le rapport de S. Binet devant la Commission Exécutive confédérale (41) on est frappé par les caricatures qui le caractérise mais par-dessus tout par l’absence de réflexions sur la situation d’un monde qui change vite, où les rapports des forces sont bouleversés. Pourtant, les structures mondiales se fissurent. Le rêve de l’Occident d’une hégémonie unipolaire s’effondre. La tentative vaine de maintenir d’anciennes structures de domination archaïque ne fait qu’aggraver la situation alors qu’un nouvel ordre est sur le point d’émerger. La direction de la CGT toute préoccupée par l’euro compatibilité de ses positions avec le moins disant du syndicalisme européen et international en est arrivée à renoncer à être elle-même.

La succession des événements internationaux de ces dernières semaines, en particulier depuis l’élection de Donald Trump et la légitimité dont il dispose, ont provoqué une série de séismes politiques inattendues qui ont totalement pris de cours les analystes qui persistaient dans leurs certitudes pros démocrates et une vision passéiste de l’état du monde. Ils n’avaient pas vu arriver l’ampleur du changement, ni même d’ailleurs la dimension de la défaite de Kamala Harris qu’ils avaient soutenus comme l’avaient fait la plupart des dirigeants européens.

Quelle crise systémique aux Etats-Unis ?

Or, la crise systémique aux Etats-Unis à atteint un paroxysme, elle menace le système lui-même. Le pays n’a jamais été aussi polarisé, violent et divisé. Les inégalités et la pauvreté de masse n’ont jamais été aussi criantes, le racisme, l’exclusion, la violence est partout omniprésente avec la circulation de 300 millions d’armes dont la moitié sont des armes de guerre. Avec son élection, D. Trump a fait le choix d’une révolution conservatrice en se recentrant sur les défis nationaux auxquels doit faire face Washington. Il faut redonner aux Etats-Unis une cohésion et un développement fondé sur une base industrielle et manufacturière. Celle-ci a été dévastée par les choix faits des décennies durant en faveur de la finance. Par ailleurs il faut accélérer la modernisation et la maitrise de l’intelligence artificielle, domaine où la Chine à plusieurs longueurs d’avance. Ce sont là des défis et des enjeux considérables pour les États-Unis. C’est à ce prix qu’ils pourront envisager de reconstruire un leadership mondial, d’autant qu’en dernière analyse et comme toujours ce qui fera la différence, c’est l’économie.

Cette situation aux perspectives incertaines explique pour une bonne part le vote des milieux modestes, celui de très nombreux travailleurs et des latinos en faveur de D. Trump. Depuis plusieurs années, ces derniers se sont détournés du soutien aux démocrates et cela malgré les pressions exercées par les bureaucraties syndicales corrompus en particulier celles de l’AFL-CIO, comme c’est le cas en particulier de l’UAW (42). En fait, plusieurs conflits comme la grève des 100 000 cheminots, celle de Boeing, de l’automobile, des secteurs de la santé et des universités ont conduit l’administration Biden à tout faire pour voler au secours du patronat. Il en été de même avec les expulsions de masse de migrants sans papiers d’ailleurs plus nombreuses que ce qu’avait fait D. Trump. Ces faits ont illustré cette évolution significative du vote du monde du travail comme l’ont souligné de très nombreux observateurs. L’étroite coopération de politiciens prétendus de « gauche » avec Joe Biden comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio Cortez a été le révélateur d’une complicité dans les faits avec ce « deep state » (43) qui fait l’objet d’un véritable rejet.

A ce sujet, le rapport de S. Binet simplifie les choses à l’extrême à partir d’un postulat d’ailleurs faux, Trump serait le candidat des milliardaires. Certes il l’est aussi mais en réalité, un plus grand nombre de milliardaires ont soutenu K. Harris, 81 milliardaires en sa faveur contre 50 pour Trump. En fait la question n’est pas là, aux Etats-Unis les riches et le patronat ont deux partis et les travailleurs n’en ont aucun. Or, c’est de ça dont il faut parler et faire le bilan. La profonde méconnaissance des réalités US par la direction de la CGT est un autre exemple de la superficialité de sa vision de l’état du monde qui l’empêche d’avoir une vue correcte et une analyse pertinente. Cela n’a pas toujours été le cas quand l’on se souvient des années de travail de la CGT en commun avec les secteurs progressistes de syndicalisme US comme Labor Notes, certaines fédérations de l’AFL-CIO (44) et organisations locales (45) ou encore avec les grandes universités US comme Harvard, NYU, Colombia, Berkeley, St Paul, Cornell illustrés par les délégations de G.Séguy, puis par celle conduite par L.Viannet, il y a de ça plus de 30 ans.

Quant aux mesures annoncées par D.Trump et E. Musk au sujet des fonctionnaires, celles-ci s’appuient en fait sur une mise en cause radicale de cette administration fédérale tentaculaire dépassée et impuissante sur laquelle s’appuie le « deep state » bipartisan. Contrairement à ce qu’annonce S. Binet il n’y a pour l’heure aucune mobilisation face à ces décisions, on assiste même à la conversion de plusieurs grandes fédérations syndicales en faveur de D. Trump.

Enfin, les nouveaux choix économiques et politiques pris par la nouvelle administration US ne sont pas indifférents à cette révision radicale des alliances euro-atlantiques auxquelles on assiste. C’est vrai au sein de l’OTAN, à travers l’imposition des droits de douane entre l’Union européenne et les Etats-Unis comme dans le contenu des relations bilatérales ou les annonces spectaculaires de D. Trump au sujet du canal de Panama, du Groenland, ou dans ses futures relations avec la Russie et la Chine. A ce sujet le caractère stratégique du partenariat entre la Russie et la Chine et la solidité de celui-ci va se poursuivre et même se renforcer. La stabilité politique des deux pays y contribue. Par ailleurs, on ne saurait sous-estimer les leçons que V. Poutine tire et tirera de cette période de confrontation radicale à travers cette guerre par procuration en Ukraine.

La rapidité de ces décisions en même temps que les négociations ouvertes pour la recherche d’une solution au conflit ukrainien participent directement de cette situation radicalement nouvelle qui s’annonçait déjà bien avant l’élection de D. Trump. Apprécier l’ampleur de ces changements qui n’en sont qu’au début renvoie aux capacités d’anticipation d’une organisation syndicale comme la CGT. Elle n’en est pas là ?

Pourtant il faut bien remarquer que face à ce raz de marée électoral propulsant D. Trump au pouvoir, Von der Leyen, Macron et l’Union Européenne apparaissent hors-jeu, « junior partners » incapables d’assumer cette situation nouvelle, marginalisés et comme K.O debout. Plongés dans une crise économique, sociale, et politique profonde ils sont confrontés à des enjeux existentiels. En Europe, les forces politiques et syndicales de « gauche » comme de droites arrimées aux institutions européennes en sont profondément déstabilisés et donnent d’elles-mêmes un spectacle pathétique. Quel peut-être l’avenir de l’Union Européenne demain et par conséquent de ce qui en dépend et comment le syndicalisme, à fortiori celui de la CGT doit-il se positionner ?

Quelles forces alternatives ?

Dans ce contexte en bouleversements le camp impérialiste ne peut masquer son incapacité à faire face à une situation totalement inédite. Chaque jour, l’émergence forte sur le devant de la scène mondiale de nations les plus peuplés mais aussi les plus riches en matières premières et ressources naturelles en particulier dans les minerais associés aux nouvelles technologies et à la place ouverte par la modernisation et le rôle de l’IA modifie complètement la donne. Des alliances anti hégémoniques se nouent comme par exemple celles autour des BRICS+. A sa tête on trouve entre autres la Russie, l’Inde, l’Iran et en particulier la Chine. Qu’en pense la CGT, elle qui considère ces nations comme appartenant à cette alliance internationale de l’extrême droite ?

La résistance des peuples au Proche Orient au premier rang desquels celle héroïque des Palestiniens, des Libanais, syriens et yéménites n’est pas sans incidence positive sur cette période nouvelle. A ce sujet S. Binet se livre à un amalgame scandaleux en comparant la résistance palestinienne à celle de l’Ukraine. A ce jour la CGT n’apporte aucun soutien à la résistance palestinienne sous toutes ces formes y compris armée et pourtant dans l’unité de toutes les factions. Elle n’a toujours pas clarifié ses relations suivies avec la Histadrout, ce syndicat sioniste qui soutient la colonisation, les bombardements sur Gaza, la répression brutale en Cisjordanie, les agressions contre le Liban et la Syrie et qui par ailleurs est membre de la CSI tout comme la CGT. Pourquoi, hypocritement, S. Binet ferme les yeux sur l’exclusion d’un militant de la CGT qui se déclare dans la clarté solidaire de la nation palestinienne et de son combat pour l’autodétermination (46) et bien qu’il soit soutenu par un Appel de 15 000 signataires en faveur de sa réintégration.

En réalité, l’ancien ordre mondial agonise. Comment se complaire alors dans l’aveuglement et ne pas en tenir compte ? Comment s’arcbouter sur des analyses obsolètes et anachroniques comme celles qui guident la CES ou la Confédération Syndicale Internationale (CSI) ? Comment voir à travers elles « une force de frappe » comme le souligne S. Binet alors que ces deux organisations sont aussi inactives qu’elles sont muettes ? Comment ne pas saisir, combien cette évolution du monde est tout à la foi riche de possibles mais aussi de risques ?

La coopération stratégique entre la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, modifient le rapport des forces, ouvre des perspectives nouvelles de coopération gagnant/gagnant contestant y compris la domination du dollar en mettant en place des institutions parallèles à celles de Bretton Woods. En fait, le monde change et change vite. « Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde. » (47)

Or, la CGT plutôt que de se tourner internationalement vers les forces sociales, syndicales et politiques porteuses de ces changements émancipateurs fait le choix de se replier sur elle-même, sur des institutions européennes et occidentales totalement dévaluées mais qu’elle entend défendre sans le moindre esprit crique. Pour Sophie Binet, face à ce qu’elle appelle « l’internationale d’extrême droite », « l’Europe est donc le seul acteur démocratique de poids à pouvoir s’affirmer sur la scène internationale (sic) ».(48) Les militants de la CGT apprécieront la chance qui est la leur de pouvoir compter sur cette démocratie, de surcroit « la seule » si soucieuse, comme l’on sait du respect des libertés syndicales et politiques.

La Russie ne doit pas gagner la guerre

Le message est donc clair, il faut soutenir Von der Leyen, c’est-à-dire Macron et les dirigeants européens dans leurs délires guerriers. On se souvient du « la Russie ne doit pas gagner cette guerre » (49) d’Emmanuel Macron. Celui-ci sait dorénavant qu’il peut compter sur la bienveillance de la direction de la CGT. Pour preuve le document du département international de la CGT intitulé « 12 questions sur la guerre en Ukraine » cité plus haut et qui poursuit en affirmant : « Un match nul ou même une défaite russe sans le départ de Poutine laisserait planer la menace d’une résurgence de la guerre. Une paix durable ne peut être obtenue que par son départ et celui-ci n’interviendra que par la conjonction de trois facteurs : des sanctions internationales fortes et réellement efficaces, une résistance ukrainienne qu’il faut espérer victorieuse et un soutien aux oppositions russes et démocratiques et progressistes, seules à même de parvenir à sortir enfin ce pays des ténèbres totalitaires nationalistes et impérialistes dans lesquelles il se trouve plongé depuis plus de 20 ans ». (50)

Les auteurs connus de ce document accablant pour la CGT appellent ouvertement à une aide militaire accrue au régime ukrainien par plus de livraisons d’armes. Comme cela ne suffit pas, ils plaident en faveur d’une ingérence politique en Russie sans se soucier du caractère illégal des sanctions selon le droit international tout comme d’ailleurs du vol des avoirs russes voté par l’Assemblée nationale. Ils se prononcent pour “l’intensification des sanctions économiques considérant qu’elle se pose. Plusieurs voix en Russie nous laissent entendre qu’il s’agit d’une piste à explorer” (51) … La CGT, entend ainsi se faire le relais de l’opposition politique en Russie. N’est-ce pas une suite logique au soutien financier apporté à “Mémorial”, cette ONG russe également soutenue par le NED (National Endowment for Democracy), Freedom House et la Fondation George Soros, connus comme des paravents de la CIA. (52) Mais, cela ne s’arrête pas là
La CGT soutient une politique de sanctions commerciales et financières visant la Russie, sachant qu’elle aura de « lourdes conséquences » pour les travailleurs du monde entier. La déclaration de la Confédération préfère ignorer de manière totalement aveugle le fait que l’embargo que tente d’imposer l’OTAN au pétrole, au gaz et au blé russe fait exploser les prix du carburant, du chauffage et de l’alimentation et dévastent les ménages ouvriers en France comme ailleurs. Cette politique violemment anti-ouvrière et antirusse de certains collaborateurs du département international de la CGT est irresponsable. D’ailleurs ou est la cohérence entre dénoncer le blocus à Cuba et appeler à plus de sanctions contre la Russie, la Biélorussie, la Chine et d’autres pays ? N’est-ce pas là une contradiction ?

Qui est Mikhailo Volynets ?

Autre exemple ! A juste raison, la CGT interpelle sur la menace que représente l’extrême droite, mais dans le même temps, elle fait le choix d’une coopération syndicale étroite avec la Confédération syndicale ukrainienne, la KVPU de Mykhailo Volynets. Là également, cela ne semble pas très cohérent.

Qui sont la KVPU et Mykhailo Volynets ? Les militants de la CGT seraient sans aucun doute heureux de savoir qui est ce sinistre individu, néonazi déclaré pour lequel la direction de la CGT ne ménage aucun effort de solidarité.

La KVPU et M. Volynets sont ouvertement associés au parti néofasciste ukrainien SVOBODA et au bataillon nazi AZOV. La CGT a ainsi organisé avec les autres confédérations syndicales françaises plusieurs « convois syndicaux pour l’Ukraine » qui finalement ont abouti à ravitailler les soldats et miliciens nationalistes ukrainiens, armés par l’OTAN. C’est-à-dire ceux-là mêmes qui avec la milice nazie « Secteur droit » (Private Sector) avaient incendié la Maison des Syndicats à Odessa et massacré plusieurs dizaines de militants. La KVPU est la Confédération des syndicats libres d’Ukraine. Elle est partenaire du « Solidarity Center » de l’AFL CIO. (53) Ce dernier est un organe important au sein de l’AFL-CIO et de « l’American Institute for free Labour Development » (AIFLD). En 2004 Mikhailo Volynets a reçu le prix « Georges Meany/Lane Kirkland » (54) pour les droits humains de l’AFL-CIO entre autres pour son rôle dans la « révolution orange » de novembre 2004 soutenu par le gouvernement américain et plusieurs milliardaires ukrainiens.

Mikhailo Volynets est aussi président du syndicat indépendant des mineurs affilié à la KVPU. Il est très proche du dirigeant du bataillon AZOV Ihor Kniazhansky alias « Dushman » que Volynets aime à utiliser dans les négociations avec les ministères pour obtenir des concessions. Volynets est député du parti Bathkishchyna(Union panukrainienne Patrie). Le syndicat des mineurs et le bataillon AZOV se sont associés l’ors d’une manifestation en 2016. Pour négocier avec le ministre de l’Énergie au nom de la KVPU, Volynets et Kniazhansky étaient les deux délégués. Depuis cette collaboration étroite se poursuit. Le 16 avril 2024 a eu lieu un meeting au siège de la CGT à Montreuil où était présente S. Binet et Mikhailo Volynets aux côtés de « l’intersyndicale » et de la CES.

Les adhérents et militants de la CGT sont dans l’ignorance de ces faits. Après 8 ans de régime autoritaire en Ukraine, les partis de gauche sont interdits et les syndicats réprimés. La présence de bataillons paramilitaires d’extrême-droite comptant des milliers de combattants est désormais connu de tous et toutes. Comment la direction de la CGT peut-elle fermer les yeux et à appeler à lutter contre l’extrême droite en France et de l’autre côté soutenir un pouvoir à Kiev gangréné par des milices néo-nazies. Les nationalistes ukrainiens sont parmi les plus antisémites, racistes, homophobes, anticommunistes, où est la cohérence ? Comment prétendre enfin vouloir relancer le débat et l’action dans les organisations de la CGT sur la paix et le désarmement y compris nucléaire. Si tel est le cas alors pourquoi ne pas intervenir publiquement et solennellement pour mettre en cause le choix de Macron de mutualiser la force nucléaire française avec d’autres pays européens au détriment de notre souveraineté.

Les militants de la CGT ne sont pas indifférents à une situation internationale marquée par des changements considérables et où les conflits en cours ont des conséquences directes et fortes sur leurs conditions de vie et de travail, sur leurs familles. Les tensions, les crises, les risques de guerre y compris à une échelle mondiale ne sauraient être sous estimées. Chaque jour nous assistons à des rebondissements qui pourraient annoncer le pire. Il faut donc soutenir et encourager les forces de paix et ceux et celles qui se mobilisent contre la guerre.

Pour ce faire, on ne saurait subir. La meilleure solidarité internationale est celle qui repose d’abord sur l’action dans l’entreprise, là où se noue les contradictions entre le capital et le travail et donc la lutte des classes. Voilà pourquoi et comme le disait Benoit Frachon « avant de faire le tour du monde il faut faire le tour de l’atelier ». (55)

Les militants de la CGT sont des internationalistes, parce qu’ils ne sauraient concevoir le sens de leur combat indépendamment de celui d’autres travailleurs du monde. Cela doit se faire dans le respect des positions de chaque organisation. Concrètement cela veut dire discuter sans discriminations mais aussi sans concessions, à commencer à l’intérieur de la CGT. Nul ne saurait prétendre qu’il a seul la force qui lui permettra de résoudre les problèmes. Dans ce combat on ne saurait écarter aucune force, toutes sont nécessaires. Là doit être l’ambition !

Jean-Pierre PAGE
Jean-pierre Page a été responsable du secteur international de la CGT.

1-Déclaration de la CGT 10 mars 2025.
2-Déclaration de la CGT, idem.
3-Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, Karl Marx (1852).
4-Léon Jouhaux (1879-1954) secrétaire général de la CGT de 1909 à 1947, puis fondateur de Force Ouvrière, vice président de la CISL (aujourd’hui CSI).
5-Anatole France (1844-1924), écrivain et homme politique.
6-Henri Barbusse (1873-1935), écrivain et homme politique, fondateur de l’ARAC. On lui doit le livre « Le feu » sur son expérience de soldat dans les tranchées au cours de la première guerre mondiale.
7-L’Appel des cent, en 1982 Georges Séguy organisait avec 100 personnalités françaises un mouvement pacifiste qui marquera la vie politique française par sa représentativité et la qualité de son engagement.
8-Espace international CGT : 12 questions sur la guerre. « Paix en Ukraine, liberté en Russie ».
9-« La Russie va envahir le monde. » Emmanuel Todd, youtube .com
10-Chou Enlai, Deng Xiaoping, Chen Yi et d’autres dirigeants historiques de la révolution chinoise ont été des adhérents et des militants de la CGT U au début des années 1920 pendant leur séjour en France.
11-« La Chine, Hong Kong et les syndicats » Jean-Pierre Page, Le Grand Soir, 13.07.2020
12-« Chine/USA, la guerre imminente ? » Maxime Vivas, Aymeric Monville, Jean-Pierre Page, Delga, 2023.
13-« Ouighours, l’horreur était dans nos médias »Maxime Vivas, Delga 2024 et du même auteur « Ouighours, pour en finir avec les fake news », Maxime Vivas, La route de la Soie, 2020.
14- « Les routes de la soie et la communauté de destin », Jean-Pierre Page, Le Grand Soir, 06.11.2024.
15-La CGT U est née en 1921 de l’engagement de militants comme Pierre Monatte, A. Merrheim, Frachon, G. Monmousseau, opposés à l’union sacrée et qui s’étaient regroupés au sein du journal La Vie Ouvrière. Certains d’entre eux participèrent à la Conférence de Zimmerwald du 5 au 8 septembre 1915, tout comme Lénine, Trotski et d’autres opposants à la première guerre mondiale.
16-« L’idéologie allemande » Marx et Engels (1845/46) Editions sociales, 2012
17-Déclaration de la CGT 10 mars 2025, déjà cité.
18-« Quelle stratégie syndicale face à Trump ? » rapport de Sophie Binet à la CEC du 4 février 2025.
19-Fantômas œuvre de Pierre Soumettre et de Marcel Allain (1911), Dr. No personnage de Ian Flemming dans la série des James Bond, Fu Manchu de Sax Rohmer (1912) sont des personnages de romans de fictions.
20-« Pour Emmanuel Macron, l’OTAN est en état de mort cérébrale » Le Figaro, 07.09.2019.
21-« L’effondrement de l’empire » Kit Klarenberg, Arrêt sur info, 14.03-2025.
22-« Réarmer un monstre déjà surarmé, c’est préparer la paix » T. Delforge via Alerte-OTAN, 23.03.2025.
23-Dans son rapport devant la commission exécutive confédérale du 4 février 2025, S. Binet reprend à son compte la campagne médiatique russophobe au sujet des tags antisémites au Mémorial de la Shoah à Paris. Récemment et dans la même veine, la Ministre de l’information Sophie Primas s’est livré a une provocation sordide en soupçonnant la Russie de la décapitation de Samuel Paty.
24-« Loi immigration, les mesures proposées par Bruno Retailleau » France Info, 31.102024
25-« How Europe is rewriting the Word War II history » Jean-Pierre Page, Valdaï Club, 17.02.2025
26-« Retraites, Bayrou ferme la porte aux 62 ans » Le Monde, 17.03.2025
27-« L’économie de guerre rend dérisoire le débat sur les retraites » France Info, 10.03.2025
28- Idem.
29-Idem
30-« Les 4 vérités de Sophie Binet », vidéo Dailymotion, 7 mars 2025.
31-« La reconversion des industries d’armement » Cercle Gramsci, Jean-Paul Hébert, 08.02.2016
32-« The Capital order, Austerity and Fascism »Clara E. Mattei, février 2025.
33-« Le colosse Blackrock va aider l’Ukraine à se reconstruire », businessman, 29.12.2022.
34-« Ukraine : Blackrock, Mc Kinsey, J.P Morgan, Chase au premier plan de la reconstruction », Consultor 3.07.2023.
35-« Ursula Von der Leyen dévoile un plan de 800 milliards d’euros » Le Monde, 04.03.2025.
36-SIPRI : Institut International de recherche sur la paix. Stockholm.
37-« Réarmer un monstre déjà surarmé, c’est préparer la paix » T. Delforge via Alerte-OTAN, 23.03.2025.
38-« We rustet Europa auf ? » Frankfurter Allgemine Zeiting, 08.03.2025.
39-« Les américains comptent faire la guerre jusqu’au dernier ukrainien », LVSL 05.05.2022
40-Rapport de Philippe Martinez, Commission Exécutive Confédérale de la CGT, 16 et 17.04.2018.
41-« Quelle stratégie syndicale face à Trump », rapport de S. Binet à la CEC du 04.02.2025.
42-UAW : United Auto Workers, affiliée à l’AFL-CIO, donateur important du parti démocrate, l’UAW est devenue l’actionnaire majoritaire de Chrysler et le plus important chez General Motors. Plusieurs de ses dirigeants ont été incarcérés pour corruption. Depuis 2006, l’UAW a perdu plus de 30% de ses syndiqués.
43-« Deep state », l’état profond qui réunit le monde bi partisan aux USA des réseaux d’influence politiciens et du monde des affaires, des agences de renseignements, des lobbys, de la bureaucratie, du recul de l’état.
44-AFL-CIO et Change to Win sont les deux confédérations US après la dernière scission de l’AFL-CIO et la création de Change to Win entre autre avec la place prise par le syndicat des camionneurs(teamsters) en 2005. En 2020, le taux de syndicalisation aux USA était d’à peine 10% soit deux fois moins que 20 ans auparavant.
45-La coopération du département international de la CGT avec la Fédération des Teamsters (camionneurs) de l’AFL-CIO à cette époque dirigée par des progressistes avaient permis entre en 1995 l’importante victoire des travailleurs d’UPS.
46-Il s’agit de Salah Lamrani, professeur, membre du bureau de CGT Educ Action à Clermont Ferrand, exclu de la CGT pour son soutien à la résistance palestinienne.
47- Jean D’Ormesson (1925-2017), écrivain, journaliste, membre de l’Académie Française
48-« Quelle stratégie syndicale face à Trump », un rapport de S. Binet, déjà cité.
49-« La Russie ne doit pas gagner cette guerre » interview E. Macron, La dépêche 15.03.2024
50-Espace international CGT : 12 questions sur la guerre. « Paix en Ukraine, liberté en Russie »
51-« 12 questions sur la guerre en Ukraine » déjà cité.
52-Le 10 juillet 2016, le bureau confédéral de la CGT a versé à Mémorial, 2000 euros au titre du soutien à la lutte des droits homosexuels LGBTQ+ en Tchétchénie.
53-Le Solidarity Center de l’AFL-CIO reçoit ses financements du Département d’état et de donateurs privés. Il joue un rôle important au sein du National Endowment for Democracy (NED) aux côtés des partis démocrates et républicains dans le financement des révolutions de couleurs et les changements de régime. Ronald Reagan avait créé le NED pour selon ses dires que cette institution puisse faire ce que la CIA ne pouvait pas.
54-Le prix porte le nom des anciens présidents de l’AFL-CIO, Lane Kirkland et George Meany, qui étaient connus comme des anticommunistes enragés. Lane Kirkland a joué un rôle très important dans la naissance de Solidarnosc. Voir le vivre de B. Drweski « Une solidarité qui a couté cher ! Histoire populaire de Solidarnosc », Delga, 2019.
55-Benoit Frachon (1893-1975), secrétaire général de la CGT de 1945 à 1967 puis Président de la CGT jusqu’en 1975.

Régis de Castelnau

57 Commentaires

  1. «  la Confédération Générale du Travail (CGT). La CGT qui aura 130 ans cette année et qui aura traversé notre histoire avec honneur, en résistant à deux guerres mondiales, »

    La CGT et le Parti Communiste résistant en 1940 ?

    C’était des déserteurs, des traîtres et des collabos

  2. Avant la CGT preneur des ordres à Moscou

    Maintenant, c’est à Bruxelles

    Ça reste dans la continuité historique

    • Depuis 1815, la droite française, revenue au pouvoir dans les bagages des ennemis de la France, prenait ses ordres à Londres.
      Depuis juin 1940 elle les prenait à Berlin.
      Et depuis 1945, à part un cours passage de 1958 à 1969, elle les prend , tout comme le PS, à Washington.
      Voilà le triste sort d’un pays qui a perdu sa souveraineté, et c’est le cas de la France depuis 1815.

      • Pour ma part, je pense que c’est une caractéristique de la bourgeoisie française depuis 1789

        A la fois dogmatique sur son progressisme et se cherchant un maître

        Gouvernant mal mais se défendant bien

  3. Effarant que la CGT emboîte le pas à ceux qui cherchent un prétexte pour gaver les industriels de l’ armement et leurs actionnaires de deniers publics. Il est vrai que la récession chinoise et les droits de douane US diminuent considérablement les rentabilités de kering chanel, l’ oreal où les classes dirigeantes mettaient leurs billes: Une reconversion vers safran, thales, EADS et dassault s’ impose et darre-darre ( voir la flambée de leurs cours au CAC 40 ces dernières semaines)

  4. Pour mémoire, en 1914, Jules Guesde trahit déjà Jaurès et la classe ouvrière en se prononçant belliciste.
    Quand j’étais jeune, la CGT étaient doctrinaires et têtus, souvent inutilement conflictuelle et leurs délégués étaient souvent de farouches combattants mais ils étaient respectables.
    Dans mon dernier boulot, les délégués syndicaux étaient de pures carriéristes et collabo.
    Ça ne me surprend pas.
    Le pouvoir a dû leur chanter la ré-industrialisation et les emplois grâce à l’armement pour faciliter les états d’âmes de reniement.

  5. Bonjour monsieur,

    votre article pourrait se résumer ainsi: La CGT veut la paix… avec la confédération européenne des syndicats, car ses dirigeants en vivent.
    Hélas, le financement des syndicats par l’état n’est pas considéré comme une mesure de répression syndicale.

  6. Quand je lis cela rien de la loghorée verbale ci-dessus ne m’étonne: « la raison d’être de cette centrale depuis le congrès d’Amiens de 1906 : la défense des intérêts des travailleurs français et l’affirmation de positions internationalistes intransigeantes. »! Si l’intérêt des « travailleurs français » c’est de produire alors en avant pour le réarmement! Ce qui me choque quand même un peu: dans les années 80, officier de marine, des cgtistes me distribuaient des tracts à l’entrée de l’arsenal de Brest le matin en appelant au désarment unilatéral, mais ce n’étaient pas des « internationalistes intransigeantes », juste des simples d’esprit, et je suis poli!

      • Barbaric
        Cher ami, il nous arrive à tous de dire des conneries.
        Visiblement, c’est votre jour.
        Et là, vous faites très, très fort.

  7. Cet article de Jean-Pierre Page a aussi été repris par LGS
    je vous invite à y aller voir les commentaires

  8. Accord de Munich 1938… cela dit-il quelque chose à monsieur Page… et en connait-il la suite… plus courte que ses interminables lignes.

    • Je ne vois pas le rapport avec Munich. Que je sache les Tchécoslovaques non JAMAIS, mais alors JAMAIS bombardés leurs concitoyens de langue allemande pendant 8 ans avant l’OMS et encore moins 11 années. Vos références historiques sont biaisées pour le moins.

    • Si j’étais un demeuré je dirais que ça me dit que Poutine=Hitler…
      Surtout continuez à tourner en orbite.
      Sur Terre on a pas besoin de vous.

  9. Vous considérez que la Russie n’a pas agressé l’Ukraine, ben voyons ! Vous considérez le régime ukrainien comme anti sémite , avec un président juif, ben voyons! Vous considérez que Trump a raison de licencier des centaines de milliers de travailleurs, ben voyons !
    De fait, c’est votre russophilie nostalgique de l’URSS du bon vieux temps qui vous aveugle. Oû tout simplement le regret de vos fonctions passées qui vous font vouer cette haine suintante à l’encontre de Sophie Binet.
    Je vous plains.

    • Je ne sais pas si c’est de la mauvaise foi ou de la simple bêtise, mais vous prenez le problème à l’envers.

    • Oui mais; pour le génocide à Gaza, Netanyaou est juif…
      C’est bizarre non?

    • Pour mon compte, je n’ai nullement à rougir d’un quelconque soutien à l’URSS, bien au contraire. Néanmoins, souscrire à ce que l’on tente de nous faire accepter sous le terme de dé-russification comme un continuation normale de la lutte contre cette société n’est autre qu’une expression de racisme. Et, admettre la répression des populations de leur langue et de leur religion jusqu’à toute son expression culturelle présente et passée est l’expression d’une volonté génocidaire.
      Par ailleurs, une clé de l’enfer concentrationnaire : le kapo. Etre juif ne donne pas une validation de sainteté. Il suffit de tourner les yeux vers Israël.
      Pour finir, c’est vous qu’il faut plaindre pour valider les dérives de Binet. Cette dérive atteignant des niveaux inégalés avec une inversion des valeurs. Une conversion à une idéologie de soutien pour des brigades internationales à la rescousse de l’équivalent de Franco, avec, cerise sur le gâteau, une validation de fait des partis interdits et des syndicats réprimés.

    • le président n’est pas sémite mais Khazar comme Netanyahou .
      Etre assassin n’implique pas une nationalité particulière.
      Si les Ukrainiens et Zelenski en particulier avaient appliqué le programme de respect des nationalités , la Russie ne serait pas intervenue pour défendre les habitants russophones après avoir obtenu une décision de l’ONU pour cela.
      Le Donbass serait resté Ukrainien.
      Certains ont besoin de déclencher des guerres et y gagnent beaucoup d’argent.

  10. Il est regrettable que Sophie Binet s’exprime sur un plan politique et non économique.

    Sur le plan international il est naturel de voir émerger un dialogue diplomatique US / Russie / Ukraine.

    Sophie Binet s’éloigne considérablement des aspirations légitimes des Français pour qui le réarmement de l’UE n’est pas a l’ordre du jour. Ni la poursuite de la carrière de Macron dans une des institutions de l’UE.

    La France n’est pas en guerre a notre connaissance. Pouquoi dilapider des milliards alors qu’on frappe sans vergogne sur les plus faibles ici même ? S’est elle égarée ?

  11. Vous considérez que la Russie n’a pas agressé l’Ukraine, ben voyons !
    Bizarrement les Etats Unis aussi :
    https://fr.euronews.com/my-europe/2025/02/25/vote-dune-resolution-sur-lukraine-a-lonu-les-etats-unis-se-desolidarisent-de-leurs-allies-

    Lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis se sont opposés à l’Europe en refusant de tenir la Russie responsable de son invasion de l’Ukraine, marquant un tournant majeur dans les relations transatlantiques sous la présidence de Donald Trump.
    Vous considérez le régime ukrainien comme anti sémite :
    Paul Moreira aussi : ’’Le masque de la révolution’’
    https://ok.ru/video/40413760205
    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé l’Ukraine coupable des événements survenus à Odessa le 2 mai 2014.
    https://stratpol.com/la-cedh-juge-lukraine-coupable-du-massacre-dodessa-en-2014/

    https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8
    eux c’est les personnes qui vivent à l’est de l’Ukraine.
    Porochenko :
    « Nous aurons du travail eux non !, nous aurons des retraites eux non !, Nous aurons des avantages pour les retraités et les enfants eux non !, nos enfants iront à l’école et à la garderie, leurs enfants resteront dans les caves du sous sol, parce qu’ils ne savent rien faire !, et c’est comme ça et précisément comme ça que nous gagnerons cette guerre !

  12. A la CGT il n’y a pas que Sophie Binet.

    Guerre : la Confédération CGT à la croisée des chemins
    jeudi 27 mars 2025 par Unité CGT (un média militant)
    https://unitecgt.fr/guerre-confederation-cgt-choix/

    …/… certaines organisations de la CGT, en particulier la Fédération nationale des Industries chimiques CGT, ainsi que l’UD CGT du Val-de-Marne, des Bouches-du-Rhône et du Nord, se sont engagées dans des activités contre la guerre et le bourrage de crâne…./…
    …/… Oui, la Confédération CGT, et avec elle l’ensemble des UD, fédérations, syndicats, est à la croisée des chemins. Nous le disons avec la plus grande fermeté : nous ne laisserons personne, ni le président de la République, ni ses ministres, ni les députés et sénateurs, ni les patrons et marchands d’armes, et encore moins le Bureau Confédéral de la CGT, nous envoyer, nous et nos enfants, au « hachoir à viande » qu’est la guerre impérialiste. …/…

  13. Comment est-il possible qu’une bande de bobos dégénérés ait pu prendre la direction de la CGT ? La CFDT n’aurait surpris personne. Mais la CGT ! Méconnaissable. Quelle époque ! L’effondrement touche toutes les organisations.
    Bientôt, verra-t-on la « centrale ouvrière » manifester en tête d’une gay pride ?

  14. La déclaration de la CGT du 11 mars dernier.
    « Face à l’internationale d’extrême droite, l’urgence est de renforcer nos démocraties pour défendre une paix juste et durable (Déclaration de la CGT) »
    https://www.cgtetat.fr/societe-959/europe-international/international/article/face-a-l-internationale-d-extreme-droite-l-urgence-est-de-renforcer-nos
    Ça va en faire bondir certains, mais autant s’abreuver à la source qu’à ses commentateurs.

    • Construire une stratégie et une défense commune ? Avec quels fonds ? Ceux de l’austérité ?

      Protéger nos démocraties ?

      On ne vit pas dans le même monde visiblement.

      Cette déclaration est un fatras politique bourré de contradictions. Et d’inexactitudes.

    • Une chose est particulièrement paradoxale dans ce communiqué.

      Il s’agit de renforcer un lien entre des pays dont l’un dicte la politique économique des autres. L’austérité allemande. Ne nous leurrons pas, la marionnette de l’Elysee se pavane mais n’est que l’exécutant de sinistres besognes. Il le fait avec plaisir c’est pour ça qu’il a été choisi.

      Et soudain nous devons tous nous réarmer contre un ennemi fantasmé. La dette est subitement passée a l’arrière plan. Qui a déclaré la guerre a la France ? Personne. On devrait demander aux grecs ce qu’ils pensent de ce nouveau copinage guerrier.

      • Pour se réarmer, il n’y a pas que l’argent, il faudrait qu’on sache le faire.
        On a au minimum dix ans de retard…
        D’ici la il n’y aura plus d’Ukraine et même plus d’UE.
        Ce machin qui ne mène nulle par et n’a aucune signification (Dixit de Gaulle: Inutile de sauter sur vos chaises comme des cabris)
        Je ne parle pas des nations, elles seront toujours là…
        Dormez en paix…

  15. Si les syndicats avait fait leur travail de défense et protection cela se saurait.Ils ont contribué à la désindustrialisation par leur lâcheté et pour garantir leur train de vie protégé

  16. Cela ne fait que démontrer la totale soumission idéologique -et financière- des syndicats et partis politiques. La lutte idéologique s’est éteinte depuis des décennies et les souverainetés nationales et populaires sont effacées quand « chefs » politiques et syndicaux acceptent sans broncher « qu’on » rende une « zone transfrontalière » à l’Allemagne et « qu’on » applique des règles « européanisées » dans l’est de la France. « La » CGT avait déjà vendu son âme en montrant patte blanche pour « être admise » à la CES. D’ailleurs le bon Thibault n’avait-il pas appelé à soutenir la…constitution européenne?
    Méc-créant.
    (Blog: « Immondialisation: peuples en solde! »)

  17. Je vous invite à constater comment fonctionne la censure en tapant le prénom et le nom du propriétaire de la messagerie Tele….
    Fascinant la technologie.

  18. Le 11/08/1881, Engels écrivait:«les pires trade-unions anglaises (lire CGT français,ndlr) qui se laissent diriger par des hommes ( et des femmes,ndlr) que la bourgeoisie a acheté ou que tout au moins,elle entretient».

    «La bourgeoisie divise le prolétariat selon les nationalités et en favorise une au préjudice d’une autre, afin d’empêcher l’union internationale des travailleurs et maintenir sa domination de classes sur l’ensemble du prolétariat» (Lettre de Marx à Mayer et Vogt,9/04/1870) et dans cette entreprise bourgeoise de diviser pour régner, «l’aristocratie syndicale» joue un rôle privilégié bien rémunéré de «cheval de Troie» parmi les prolétaires en exploitant traîtreusement ces rivalités et en offrant sa collaboration à la bourgeoisie dans la mobilisation de «ses membres» pour ses projets militaristes.

    «Les institutions politiques du capitalisme moderne,la presse, le Parlement,les syndicats,les congrès,etc. ont créé à l’intention des ouvriers et des employés réformistes et PATRIOTES respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes économiques.Les sinécures lucratives et de tout repos (…) dans les directions des syndicats ouvriers ‘d’obédiences bourgeoises, voilà ce dont usent les la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les ‘partisans des partis ( et des syndicats,ndlr) ouvriers bourgeois».
    (Lénine,L’impérialisme,stade suprême du capitalisme »,1916).

    Osons poser la question qui tue: quand cette renégate syndicale sera-t-elle candidate LFI ou macroniste?

    Il es pour le moins ahurissant que l’auteur écrive:«[D]ans ce contexte en bouleversements le camp impérialiste ne peut masquer son incapacité à faire face à une situations TOTALEMENT INÉDITE» alors que l’humanité a déjà vécu les affres abominables de 2 Guerres mondiales pour le seul XXième siècle alors qu’exactement de la même façon se sont affrontés 2 blocs hégémoniques capitalistes pour la domination mondiale et que les syndicats bourgeois ont joué le même rôle de mobilisation de leurs membres pour leurs capitalistes, seul les noms sont changés.

    «Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre» (Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste,1847) et j’oserais ajouter: s’il y survit, ce qui semble de moins en moins probable considérant les arsenaux thermonucléaires apocalyptiques de chacune des alliances et l’absolue barbarie de leurs guerres génocidaires illustrée en Palestine,au Moyen-Orient et en Ukraine.

    • Votre texte nous explique le pourquoi de l’internationalisme des luttes ouvrières:
      Pour éviter les pseudos syndicats patriotiques ou patronaux, qui eux, furent de toutes les guerres et trahisons.
      Comme depuis 1914, les guerres viennent du Capital. Mais celui-ci était déjà présent en 1871. Et nous avions l’ancêtre de Macron sur place: Napoléon le petit…

  19. Peut-être que la position de la CGT est une volonté de mea culpa pour le pacte germano-soviétique. Une sorte de continuum à la déstalinisation en s’opposant à la Russie d‘aujourd’hui. Cela accompagné d’une paresse intellectuelle consistant à suivre les idées dominantes plutôt que d’essayer de les influencer.
    Une question cependant : Pourquoi, à revers de l’histoire, la signature de Staline est considérée comme une abomination faisant allégrement fi de Munich et du fait que les polonais, de leur côté, après avoir refusé le passage à l’armée rouge, tenaient langue avec le Reich d’Hitler pour une invasion commune de l’URSS. Cette paresse à faire l’opinion et à défendre ce qui devait l’être, conjointement à un soutien sans discernement avec lequel il était bon de sursoir, avaient comme le ver dans la pomme commencé à faire son œuvre.
    Aujourd’hui les choses sont à ce point « affectées » qu’un retour en arrière parait illusoire (il faut faire son deuil, parfois). D’autant que la CGT est aujourd’hui phagocytée par le PS. Et que, de toute façon, lorsque l’on voit ce qu’il reste du PCF avec pour dirigeant un directeur de MJC organisateur et défenseur des barbecues…
    Et, là je suis, comme vous, sidéré quand je lis les propos tenus : « La prochaine étape pourrait être … si ses appétits se portaient sur « la défense des minorités russes » dans les pays baltes. ». La défense des « minorités Russes » devenant inconvenant, contrairement pourtant aux « principes » européens revendiqués sur l’attention aux minorités. Les Russes pouvant être voués à toutes les gémonies. Ce ne sont plus les juifs mais les Russes qui bénéficient d’un statut particulier. A quand les camps ? L’étoile rouge ? On a déjà vu les interdictions bancaires pour consonance ciblée.
    Cette dérive atteignant des niveaux inégalés avec une inversion des valeurs. Une conversion à une idéologie de soutien pour des brigades internationales à la rescousse de l’équivalent de Franco, avec, cerise sur le gâteau, une validation de fait des partis interdits et des syndicats réprimés.

    • Ouai et moi il me reste un lot de 50 T-shirt à solder.
      Excellent, le cuistre se pointe pour faire de la retape pour son bouquin. Quel désespoir. 😂

  20. Merci pour l’explication de la situation actuelle , quand à la CGT je préfère ne pas en entendre parler !

  21. la maxime de sun tzu  » la guerre est semblable au feu ,elle met en péril ceux qui l’ont provoquée  » , cette maxime peut aussi s’appliquer …. ..à poutine qui a envahi l’ukraine en février 2022 . poutine au lieu de prendre sa mise comme au poker ,il contrôle 20 pour cent de l’ukraine et la crimee, des regions russophones devrait accepter le cessez le feu de trump qui si ce dernier se sent manipuler et humilier par poutine qui fait trainer les negociations entre usa et russie……. et bien risque un retour du baton en retour ……. , Quand à la cgt autrefois courroie de transmission du parti communiste français et bien elle devient pro otan malgré elle …..un virage c’est vrai à 180 degré , comprenne qui pourra !

    • Poutine et son équipe de tocards de bas niveau apprécierons à leur juste valeurs vos précieux conseils en géopolitique.
      Heureusement que pour l’avenir de la Russie et même de l’humanité, il y a des gens au niveau d’information et d’intelligence comme vous pour éclairer ce moudjiks arrièré dont les 27 ans de pouvoir passés montrent toute l’étendue de la pusillanimité, de l’impulsivité destructrice, de la bêtise crasse, de l’incompétence totale dans le gouvernement d’un nation.
      Merci à vous.
      De tout coeur merci.
      Revenez plus souvent.

  22. Avant le 23 août 1939 date du Pacte de non-agression germano-soviétique.
    Il y a eu :
    le 20 juillet 1933 Un accord signé entre le Saint-Siège, représenté par le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), secrétaire d’État, et le Reich allemand.
    le 26 janvier 1934 Pacte de non-agression germano-polonais
    le 18 juin 1935 traité naval germano-britannique
    29 au 30 septembre 1938 les accords de Munich signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie .
    Ne serait il pas envisageable que le pacte du 23 août 1939 soient la conséquence des 4 précédents.
    Quelqu’un a t’il fait un mea culpa pour ces 4 pactes ?
    Quelqu’un a t’il fait un mea culpa sur la politique d’abandon de république Espagnole ?

    • Envisageable? C’est plus qu’envisageable, c’est carrément certains.
      Vous oubliez aussi qu’après Munich, la hyène polonaise comme l’avait appelé Churchill avait participé, avec l’Allemagne, au dépeçage de la Tchécoslovaquie.
      Pour les soviétiques il apparaissait comme très clair que la ploutocratie occidentale encourageait vivement l’Allemagne nazie dans sa marche vers l’Est anti-bolchevique.
      Au cas où vous l’ignorez, Léon Blum, en pleur, a expliqué publiquement qu’il avait refusé de livrer les armes, pourtant payées à la république légale espagnole suite à la pression anglaise.
      Hitler était en droit de se croire autorisé à « Drang Nach Östen », et les soviétiques étaient en droit de la croire aussi.
      Vous noterez que, 87 ans plus tard on continu de s’egosiller contre la « trahison » du pacte germano soviétique avec qui nous n’avions absolument aucun traité ni d’alliance ni d’amitié mais personne, absolument personne ne parle jamais de la déclaration de neutralité US qui ouvre la voie à Hitler.
      Et que c’est nous qui déclarons la guerre à Hitler qui ne nous a rien demandé.
      Funeste Pologne pour l’histoire de France.

      • @ G Rampon, D’Aras,
        Je souscris totalement à vos remarques sur les événements qui ont précédé le pacte Germano Soviétique et sont généralement passés sous silence pour enfoncer Staline….lequel avait auparavant également fait une proposition d’alliance, un pacte d’assistance en cas d’agression ayant même été ratifié par les députés le 27 février 1936, échange des ratifications à Moscou le 27 mars 1936. Ce pacte n’a jamais été appliqué et l’Etat-Major Français était hostile à toute coopération militaire avec l’URSS. A la suite de ce pacte Hitler avait réoccupé la Rhénanie en violation des accords de Locarno.
        A ce moment là il y avait une opportunité pour arrêter Hitler.

        • Il y avait aussi une sacrée opportunité d’arrêter Hitler en mai 1940. La traversée des Ardennes par Guderian aurait pu être totalement stoppée et anéantie. Au nord, les alliés tenaient bien le front principal, contrairement à 14 et à ce moment là, la ligne Maginot faisait bien son job de repoussoir.
          Et là encore, l’attitude plus que douteuse du commandant de la place de Sedan ainsi que la suite de sa carrière pose de sérieuses questions sur des trahisons au plus haut niveau de l’état major.
          Dès 1943 , avant d’être assassiné par la gestapo,Marc Bloch s’étonnait de cette « étrange défaite »( livre indispensable).
          Depuis 80 ans, c’est un tabou national.
          Je ne connais aucun historien ou historien militaire pour d’être penché sur la vie et l’oeuvre du général Huntziger, étrange chef de la place de Sedan, signataire de l’armistice , ministre de Pétain puis ministre de Laval.
          Aucun non plus sur les ordres insensés de l’ l’état major après la percée de Sedan avec des ordres de recul d’unités de près de 200km, générant un bordel insensé.
          Aucun non plus sur l’absence stupéfiante de contre attaque de flanc sur l’armée Guderian.
          Si quelqu’un connait un ouvrage, je suis preneur.

          • Et bien si !
            Annie Lacroix-Riz

  23. Hélas, la CGT ne comprend plus rien, ou bien a été rachetée par BlackRock, ou par Macron (lui-même racheté par BlackRock, comme Merz)!
    Comment peuvent-ils ne pas comprendre que la guerre n’est pas contre la Russie, Macron sait que c’est un leurre, à moins qu’ils ne soit vraiment fou (pervers narcissique qui mènera la pays à la ruine en surfant sur les catastrophes qu’il déclenche).
    La guerre, la vraie, elle est entre l’oligarchie et la population.
    Ils essaient de nous éliminer afin de réduire à tout prix la part matérielle du capitalisme, remplacée par l’immatériel. On n’a plus le droit de se nourrir de produits réels, de conduire de vraies voitures, d’habiter dans de vrais logements, d’être soignés dans de vrais hôpitaux, au nom de la planète, en fait de l’optimisation des profits.
    La guerre étant un moyen efficace d’éliminer les classe populaires et moyennes, l’Ukraine est un bon laboratoire qui devra s’étendre à l’Europe.
    Alors ce sont notamment ceux qui militent à la CGT qui en sont victimes. La fracture existe donc à l’intérieur des organisations de « gauche », entre l’élite de ces organisations et la base. Les élites organisationnelles étant au fond dans le même cercle. Il y a plus de proximité entre Macron et Binet qu’entre Binet et un syndicaliste de base. La politique profonde de l’élite consistant à se débarrasser de la base, la guerre est une bonne occasion de le faire.
    Il faut en avoir conscience, mais pour l’instant, les organisations de « gauche » sont verrouillées, on ne peut rien faire de l’intérieur.

    • Pour mémoire
      Macron, ancien de Rothschild
      Lagarde ancienne HSBC
      Merz ancien ING
      Canada, ancien Goldman Sachs.

    • La CGT est en pleine dérive incapable de décrypter « l’escrologie » climatique, l’escroquerie pandémique et vaccinale agrémentée de la perte des libertés fondamentales, incapable de défendre les soignants licenciés, incapable d’analyser la guerre en Ukraine suscitée par la haute finance qui vise de longue date à s’approprier les richesses de la Russie, comme cela est parfaitement expliqué dans les Think tank Us, tels la « Rand Corporation ».
      Il semble que l’oligarchie financière occidentale ait réussi à acheter non seulement tous les principaux médias mais aussi les syndicats…
      Quand on voit Binet sympathiser avec des Ukronazis, descendants des légions de la wehrmacht qui ont massacré les maquis du vercors, ça donne envie de vomir…
      Krasucki doit se retourner dans sa tombe…

  24. Jean Pierre Page avec les camarades de l’EX front syndical de classe, conserve depuis 2009 l’honneur de la CGT.
    Ils ont été de toutes les luttes ses dernières années, éveillant, réveillant les ronronneurs et les traitres.
    Merci à eux, merci M. de Castenau de diffuser ce texte.
    Une très vieille dame qui se rappelle les récits de son père racontant l’émotion de la rencontre des cortèges CGT-U et CGT les 14 Juillet 1935 et 1936.
    Sophie Binet est membre du PS, dirigeants en pointe Hollande et Glucksman si je ne me trompe .
    https://www.frontsyndical-classe.org

  25. Il y avait surtout la possibilité de ne pas déclencher la Guerre alors que l’Armée française n’était pas en état de la faire ! C’est le sinistre BLUM et son gouvernement socialo-ethno-maçonnique qui a déclaré la guerre à l’Allemagne sur injonction de la maçonnerie anglo-saxonne e ce ILLEGALEMENT sans consultation du Parlement . C’est à la gauche que je dois ma qualité de Pupille de la Nation , mon père est Mort Pour la FRANCE en 1942 des suites de cette campagne . La racaille gauchiste actuelle ose s’intituler Nouveau Front Populaire ! à vomir … les français ont la mémoire courte et surtout sont soumis à une information orale , visuelle , auditive totalement censurée , stipendiée par les oligarques au pouvoir de l’Etat oligarchique de leur Fondé de Pouvoir . Aucun parti politique actuel présent dans l’Hémycirque ne mérite qu’on le suive . Sortir de l’OTAN , de la dictature de l’UE , créer un mouvement pour une EUROPE continentale de Brest à Vladivostok , renouer toute relation avec la RUSSIE agressée par les Otano-ukrainien du pianiste voyou Zellenski devien urgent ! Cordialement

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